La réhabilitation des mutins et la grâce de Marchiani…

Publié le par Dc Evo

La réhabilitation des mutins et la grâce de Marchiani…

 

 

Deux événements se télescopent ces derniers jours : D’un cote on parle de réhabiliter les mutins fusilles de la guerre de 14-18 et de l’autre de ne pas gracier le Préfet Marchiani qui certes a toujours, et dans la plus grande tradition « républicaine » (du moins depuis que de Gaulle n’est plus a la tête de l’Etat) confondu(2) ses intérêts et ceux de l’Etat, tradition ayant culmine avec Pasqua et Chirac sur les sujets de politique extérieure, ce qui est toujours plus glorieux que les affaires privées de Mitterrand.

En résumé, ce pour quoi Marchiani a été condamne et ce qu’il a apporte a la république ne font qu’un : Il a détourné de l’argent, s’est servi dedans, a entretenu des relations alimentées ainsi avec des personnes utiles, a vécu confortablement, et lorsque le besoin s’en est fait sentir, s’est servi de ces relations, avec le succès que l’on sait (libération d’otages). De la barbouzerie traditionnelle, celle qui est entrain de disparaitre partout sauf en France, et qui montre souvent ses mérites.

En résumé, Marchiani a bien vécu et profite, mais avec une forme de loyalisme a l’égard de la France pour le moins admirable et en faisant preuve lorsqu’il le fallait d’un courage non moins remarquable parce qu’il était gratuit. Et c’est toute cette relation féodale que la France a souvent entretenu avec certains serviteurs qui est aujourd’hui condamnée.

 

D’un autre cote, on parle de réhabiliter des mutins, qui dans la guerre la plus dure qu’aie connue l’humanité ont préféré la lâcheté. Contrairement a ce que renvoie Hollywood, « Les sentiers de la gloire. » ou d’autres, les fusilles « Pour l’exemple » ne sont qu’une infime minorité ; oui les caporaux de Souain ont été fusilles et réhabilités, mais :

-         La majorité des fusilles ne l’ont pas été sur la fin de la guerre. 49 fusilles en 1917 (sur 554 condamnes) contre environ 560 les deux premières années.

-         La peine de mort est nécessaire à la justice militaire. Une peine de prison n’est en aucun cas dissuasive face à la perspective de la mort.

-         La très grande majorité des fusilles n’étaient pas des « meneurs » ou des personnes qui, dotées d’un certain courage ont fait savoir leur mécontentement, mais simplement des personnes qui se sont mutilées volontairement pour ne plus être apte au service.

-         Il y a eu bien plus d’exécutions sommaires par les officiers (un soldat lâche de prends simplement une balle de son officier, qui l’inscrit sur les morts au champ d’honneur, pratique qui s’est perpétuée dans toutes les guerres, y compris en Algérie/Indochine) que de condamnations a mort.

 

Ces deux faits mettent un peu en perspective la disparition complète de la notion de valeur ou de courage dans notre société, qui devient tellement individualiste qu’elle ne peut plus faire la différence entre le lâche et le héros. Et marque également la volonté de revisiter l’histoire. Oui l’histoire a été dure, mais seuls les vivants peuvent juger. Juger avec les critères d’aujourd’hui, où le président se déplace pour un policier mort de la valeur d’un soldat d’une guerre qui fit des millions de mort est futile et méprisant.

 

 

 

(1), lui qui savait si admirablement manier la rigueur – ne pas toucher de salaire de Président considérant que sa seule pension de General couvrait ses besoins, et payer sa propre nourriture a l’Elysée – et la lâcheté politique – les harkis.

(2) A prendre au sens étymologique.

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